Culture
 
 

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publiée le 11/12/2004

 

Les dépenses culturelles des collectivités territoriales

Communes, départements et régions n'avaient pas attendu les lois de décentralisation pour investir le champ culturel, car, national ou local, l'acte culturel est un acte politique fort. Jusqu'en 1993, l'investissement culturel des collectivités continue de croître, puis se tasse entre 1993 et 1996. Les efforts budgétaires des collectivités, de plus en plus tournées vers le social et la sécurité, ne favorisent pas la reprise de l'investissement culturel. Pourtant, les initiatives restent nombreuses et originales.

Les communes, alpha et oméga de la dépense culturelle

Selon la dernière étude statistique globale disponible (1996), les collectivités consacrent chaque année plus de 4,6 milliards d’euros à la culture, deux fois plus que le budget du ministère. En moyenne, la culture représente 5,4% des dépenses. Les communes ont la responsabilité principale des équipements de proximité (bibliothèques, écoles de musique, équipements de quartier et centres culturels, salles de spectacles), les départements ont en charge la conservation et la diffusion (bibliothèques départementales, archives), les régions valorisent la production artistique.
Avec 78% des dépenses des collectivités, les communes de plus de dix mille habitants sont de fait les premiers financiers de la culture. Un effort largement absorbé par les budgets de fonctionnement des équipements, alors que départements et régions se partagent un tiers des investissements.
Lorsque les ressources fiscales des communes ne croissent plus, qu’il faut arbitrer pour équilibrer un budget et que la demande d’aide sociale se fait plus criante, un brusque recul des dépenses culturelles apparaît dans les statistiques (-11,2% entre 1993 et 1996). Pendant cette période, si départements et régions mettent également un frein à leurs investissements culturels, leurs dépenses de fonctionnement, dues aux investissements de la période précédente, continuent de progresser. Entre 1993 et 2003, les dépenses culturelles des régions sont ainsi passées de 230 millions à 452 millions d'euros annuels.
Il est également à noter que les financements croisés - provenant aussi bien de l'Etat, des communes, des départements que des régions - sont aujourd'hui très fréquents. Ils permettent notamment à la région de participer à l'investissement culturel, domaine dans lequel les lois de décentralisation ne lui ont donné que peu de compétences directes.

Une France riche d'équipements culturels

La prépondérance des communes dans le champ culturel se lit également dans les domaines d’intervention privilégiés des collectivités.
En tête, avec 23% des dépenses, la musique, l’art lyrique et la danse profitent des dépenses communales pour la formation. En effet, 95% des dépenses de fonctionnement des communes en matière culturelle vont aux établissements d’enseignement musical.
Le second domaine d’intervention, le livre et la lecture (14%), est le reflet du maillage territorial très fin par les bibliothèques et autres médiathèques. Les dépenses de conservation et de diffusion pèsent, elles, un tiers des budgets de fonctionnement.
L’animation culturelle polyvalente, premier domaine d’intervention en 1981, vient en troisième place (17%). Si les collectivités soutiennent fortement la pratique amateur, elles privilégient désormais des projets plus spécifiques et clairement identifiés.
Cinq autres domaines culturels regroupent 30% des dépenses : les arts plastiques et les métiers d’art (principalement les communes), les monuments historiques (principalement les départements), les spectacles divers, le théâtre… et les dépenses administratives.
Le reste est consacré à l’ensemble des douze autres domaines culturels : sciences et techniques, archives (qui bénéficient d’un statut plus représentatif dans les budgets départementaux), audiovisuel, architecture, presse, cinéma, archéologie, photographie et inventaire.

 

Repères :

Les arts de la rue : tout en ayant la faveur de l’actuelle politique du ministère de la Culture (financement de l’association Hors les murs, du centre national Lieux publics et de certains lieux de fabrication), les arts de la rue ne pourraient exister sans le soutien actif des municipalités dont elles investissent l’espace public. D’une part, la majorité (54%) des subventions que touchent les 800 compagnies françaises proviennent des villes ; d’autre part, les compagnies profitent gracieusement d’aides en nature de la part des municipalités qui les accueillent : mise à disposition de personnel technique et de sécurité, prêt d’infrastructures, etc.

Le champ culturel des collectivités territoriales en quelques chiffres :
- 2.544 bibliothèques municipales, 96 bibliothèques départementales de prêt ;
- 1.300 écoles de musique, dont 141 conservatoires nationaux de région et écoles nationales de musique, et 244 écoles municipales de musique agréées ;
- 1.500 cinémas gérés par des municipalités (sur 4.500 en France) ;
- 788 musées municipaux, 86 départementaux, 47 divers (fondations, régions) ;
- 200 Smac (scènes de musiques actuelles).

Jean Damien Lesay, Verbe on line pour Localtis, février 2004.

 

 

 

Aller plus loin sur le web :

 

Département des études et de la prospective - socio-économie de la culture, ministère de la Culture et de la Communication

http://www.culture.gouv.fr/dep/

 

"Les dépenses culturelles des collectivités territoriales en 1996", in Développement culturel – ministère de la Culture et de la Communication, hors série, octobre 2000

http://www.culture.fr/culture/editions/r-devc/dcHS.pdf

 

"L'économie des arts de la rue", in Développement culturel – ministère de la Culture et de la Communication, n°127, août 2000

http://www.culture.fr/culture/editions/r-devc/dc127.pdf

 

publiée le 11/12/2004

 

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