Comment les emplois aidés ruinent la France

CAE, CA et autres emplois (CDD) aidés ruinent l’économie de la France et sa compétitivité, en plus du moral de ceux qui en bénéficient… ou l’aurait aimé.

Cet article évoque les problèmes sociaux-politiques et, à moindre échelle, d’une petite association tentant sa première embauche.

D’abord, les contrats aidés habituent les employeurs, quand ils ne leur font pas miroiter, la possibilité d’embaucher un mi-temps pour environ 150 euros mensuels tout compris, lorsque le brut mensuel chargé, c’est à dire le coût employeur, devrait être de 1500 euros, soit 1000 % le montant réellement payé.

Ainsi, le jour où il faut payer normalement sont salarié, il doit être pratiquement impossible de payer normalement les charges… Autant les emplois-jeunes, de souvenir, pouvaient durer 3 ans renouvelable 2 ans, soit 5 ans au total et le temps d’autonomiser le poste -ou du moins de le tenter-, autant des contrats aidés de 18 à 36 mois maxi, dans une économie en berne, je ne vois pas comment l’on peut dégager une économie relativement solide et pérenne pour subvenir aux exigences de l’emploi, financière en premier lieu.

Car cette autonomisation financière, si elle n’est pas demandée par l’employeur au candidat ou au salarié, est tout simplement indispensable à la survie de l’emploi, et à ce que cela implique (continuité des affaires pour l’asso, et… du revenu pour le salarié).

Il y a aussi l’effet d’aubaine, de grosses structures très subventionnées remplaçant leurs postes en CDI ou même des CDD “convenables” en CDD aidés, ou n’embauchant plus qu’ainsi. Je pense à des fers de lance régionaux de la culture… dont on pourrait s’attendre, de par leurs sympathies politiques, à ce qu’ils aient pas seulement une belle conception de la société et de l’emploi, mais également de telles pratiques…

Le plus gros problème réside,  socio-économiquement parlant, dans la dilapidation du “capital humain” des entreprises aidées. Les entreprises ou association ne pouvant pas réembaucher les mêmes personnes sous contrat aidé les licencient, et perdent avec elle tout le bénéfice d’un à 2 ans de formation, d’organisation du travail, de capitalisation de la connaissance, de constitution des réseaux et relations professionnelles (clients/fournisseurs…), j’en passe et des meilleurs.

Toutes les réorganisations (formation, transfert de compétence…) nécessaires visant à rendre le nouveau salarié opérationnel deviennent un coût récurrent, d’autant plus important que celui-ci est important aux premiers mois de l’embauche…

Ce coût se répercute sur toutes les entreprises aidées en France, concernant potentiellement des dizaines de milliers d’entre elles (pas autant que les contrats eux-mêmes, certes), et sabote tout le tissu socio-économique des PME dont font partie les assos.

Enfin, les textes sont tellement flous et il existe tellement d’incertitudes, par exemple sur le taux effectif de prise en charge par l’administration concernée (l’Etat? le Pole-Emploi? le CG?), que le risque ne peut être pris par l’employeur s’il n’a pas les capacités, littéralement décuplées, d’une véritable embauche, au cas où l’aide ferait défaut, car les conséquences juridiques et financières de manquements au droit du travail, pour une petite entreprise ou association, lui seraient fatidiques.

En ce qui me concerne le Pole-Emploi a changé 6 fois d’avis sur mon éligibilité, la confirmant finalement après que je lui ai demandé de la justifier par des références juridiques. Ma preuve étant facultative, j’assurai ainsi mes arrières. Mais à l’arrivée de l’employeur au Pôle-Emploi, c’est la même mascarade qui recommence, je ne serais plus éligible…

Ajouté aux incertitudes précitées, mes ex-futurs employeurs baissent les bras. Trop d’incertitudes, trop de risques aux conséquences trop graves… Pour mon employeur, petite association, il faut grossir encore pour pouvoir employer convenablement, et pouvoir assurer la charge de l’emploi avec ou sans aide.

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